01
Faites le test de la goutte d'eau avant tout devis : si le mur boit, c'est un support minéral qui doit être traité à la chaux, pas peint à l'acrylique.
À Marrakech, le talent d'un peintre se mesure autant à ce qu'il refuse de peindre qu'à ce qu'il peint. Entre le tadelakt d'un riad, la chaux d'un vieux dar, la façade d'une villa de la Palmeraie cuite à 45 degrés et un simple appartement de Guéliz, on ne parle pas du même métier ni du même prix. Nos peintres vérifiés annoncent la surface mesurée, la marque, le nombre de couches et la préparation avant de commencer.
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peintres vérifiés
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disponibilité
300 MAD
à partir de
24h
devis moyen
Mis à jour Juillet 2026
Intervention vérifiée
Peintre · Marrakech
Vérifié
Vérifié & certifié
Devis gratuit · 5 min
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02 — Les pros
Nizar K.
Abdelkarim S.
Abdelkeblir B.
Ghonbaz M.
My rachid B.
Hamza S.
Youssef A.
Mouhssin M.
Artisan vérifié
Tableau peintre italien
Mohamed A.
Mounir A.
03 — La moitié des murs de Marrakech n'a jamais été faite pour la peinture
C'est le point de départ, et c'est ce qui sépare un artisan qui connaît la ville d'un peintre qui débarque avec son rouleau. Une bonne partie des surfaces les plus belles de Marrakech n'a jamais été conçue pour recevoir un film de peinture.
Le tadelakt d'abord. C'est un enduit à la chaux, serré à la truelle, poli à la pierre puis saturé de savon noir. Sa protection ne vient pas d'une couche déposée en surface, elle vient d'une réaction chimique dans la masse, entretenue par la cire. Un mur en tadelakt respire : il absorbe la vapeur d'une salle de bain, la restitue quand l'air sèche, et reste sain pendant des décennies.
Passez une acrylique dessus et vous faites exactement l'inverse. Vous collez un film étanche sur un support qui a besoin d'échanger de la vapeur d'eau. Le résultat est toujours le même, et il arrive vite : au bout de douze à vingt-quatre mois, la peinture cloque, se décolle par plaques, et surtout l'humidité reste piégée derrière. La chaux s'effrite, le poli est perdu, et le mur ne se répare plus, il se refait. Une reprise de tadelakt coûte 350 à 600 DH le m² à Marrakech. La peinture que vous vouliez économiser en coûtait 65.
Les murs à la chaux ensuite, c'est-à-dire l'essentiel du bâti ancien de la Médina et une partie des maisons de Sidi Ghanem, de Bab Ghmat ou des douars intégrés à la ville. Même logique : un support poreux, alcalin, qui régule l'humidité. Une peinture plastique dessus, et l'humidité qui remontait tranquillement par la paroi se met à s'accumuler au ras du sol. Vous obtenez un salpêtre qui n'existait pas avant vos travaux.
Alors comment change-t-on la couleur d'un tel mur ? Avec un produit de la même famille, pas avec de la peinture. Un badigeon de chaux teinté aux pigments, une eau forte, une chaux ferrée. Ces finitions se travaillent en deux ou trois passes très diluées, elles laissent le support respirer, elles vieillissent bien et elles se réappliquent sans jamais avoir à décaper. Comptez 120 à 280 DH le m² selon le nombre de passes et la difficulté d'accès.
Le test qui règle la question en trente secondes : posez une goutte d'eau sur le mur. Si elle est absorbée en quelques secondes et laisse une auréole sombre qui s'estompe, vous êtes sur un support minéral qui respire, donc chaux obligatoire. Si elle reste en perle à la surface, vous êtes sur un film plastique existant, et une peinture classique est envisageable.
04 — Comment un peintre chiffre vraiment, et pourquoi 25 DH le m² est un piège
Vous allez recevoir des devis qui vont de 25 à 90 DH le m². L'écart n'est pas de la marge, c'est une différence de contenu, et personne ne vous l'explique spontanément.
Le prix se calcule sur la surface développée, pas sur la surface au sol. Un appartement de 70 m² au sol a environ 180 à 220 m² de murs et de plafonds à peindre, selon la hauteur sous plafond et le nombre de cloisons. Quand un artisan vous annonce un forfait sans avoir mesuré, il devine. Et quand on devine, on se protège, soit sur le prix, soit sur la quantité de travail.
Ce que contient un prix à 25 DH le m² : une couche, sur un mur non préparé, avec une peinture de premier prix diluée. C'est tout. Aucune sous-couche, aucun rebouchage, aucun ponçage, pas de protection sérieuse des sols. C'est un rafraîchissement optique valable trois ou quatre mois, exactement ce dont a besoin quelqu'un qui vend un bien ou reloue vite. Pour votre propre logement, c'est de l'argent perdu.
Ce que contient un prix à 60 ou 70 DH le m² : la préparation du support, une sous-couche adaptée, deux couches de finition dans une peinture de marque, la protection des sols et du mobilier, les découpes propres aux angles et aux plinthes, et le nettoyage du chantier. C'est le vrai prix du travail correct à Marrakech en 2026.
La question qui démasque un devis creux : demandez la surface exacte retenue, en m², murs et plafonds séparés. Un artisan qui a mesuré vous la donne en dix secondes. Un artisan qui a improvisé change de sujet ou répond « c'est au forfait ».
Un dernier point de vigilance, très courant ici : le devis qui compte la surface au sol au lieu de la surface développée pour paraître moins cher, puis facture un supplément « surfaces supplémentaires » à la fin. Faites préciser par écrit que la surface annoncée est bien la surface développée à peindre.
05 — La préparation décide du résultat, la peinture ne fait que le montrer
Un peintre expérimenté passe plus de temps à préparer qu'à peindre. Sur un chantier propre, la préparation représente facilement 60 % des heures. C'est aussi la partie invisible, donc la première que l'on supprime quand on veut casser un prix.
Le rebouchage. Trous de chevilles, coups de meuble, saignées électriques mal refermées, fissures de retrait. On rebouche à l'enduit, on laisse sécher réellement, puis on ponce. Un rebouchage peint le jour même se voit toujours : le point de reprise absorbe différemment et ressort en creux sous la lumière rasante.
Le ponçage. Il gomme les reliefs, ouvre légèrement le support et donne son accroche à la couche suivante. C'est aussi l'étape la plus sale du chantier, celle qui produit une poussière fine qui se dépose partout. Un peintre qui ponce sans protéger vos meubles vous fera regretter le devis.
L'enduit de lissage. Sur un mur ancien bosselé ou sur un plafond fatigué, aucune peinture ne rattrapera un support irrégulier. Au contraire, une finition satinée révèle chaque défaut. Un enduit de lissage sur toute la surface coûte 25 à 60 DH le m² de plus, et c'est ce qui fait la différence entre un mur repeint et un mur refait.
La sous-couche, le sujet sur lequel il ne faut jamais céder. Sur un mur en plâtre neuf ou sur un enduit ciment frais, le support est extrêmement absorbant et fortement alcalin. Si vous appliquez directement la finition, deux choses se produisent : la peinture est bue de façon irrégulière, ce qui donne des zones mates et des zones satinées visibles en lumière rasante, et l'alcalinité du support attaque le liant. Deux ans plus tard, vous avez des farinages, des auréoles et des décollements aux angles, et vous repeignez.
Une sous-couche coûte 20 à 40 DH le m² posée. Repeindre l'appartement entier deux ans trop tôt coûte plusieurs milliers de dirhams. Le calcul est vite fait, et pourtant c'est la ligne que l'on supprime en premier.
Le cas de l'humidité. Si vous voyez des taches noires, des cloques ou du salpêtre, ne peignez rien tant que la cause n'est pas traitée. Une peinture anti-humidité posée sur une infiltration active masque le problème quatre à six mois, puis la tache revient plus large. Cherchez la source d'abord : terrasse mal étanchée, remontée capillaire, fuite d'une colonne. À Marrakech, l'étanchéité des terrasses est de très loin la première cause de taches d'humidité en plafond du dernier étage.
06 — Les peintures du marché marocain et ce que chacune vaut réellement
Chez Colorado, chez un dépôt de Sidi Ghanem ou chez le marchand de peinture de votre quartier, vous avez le choix entre des dizaines de références. Voici à quoi elles servent vraiment, sans le vocabulaire commercial.
La vinylique. Base aqueuse, liant vinylique, la moins chère des peintures murales. Elle couvre correctement, elle sèche vite, elle sent peu. Sa faiblesse est le lessivage : elle supporte mal le frottement répété et se marque. Usage honnête à Marrakech : plafonds, chambres d'amis, logements en rotation locative où l'on repeint souvent de toute façon. Durée de vie réaliste, trois à cinq ans.
L'acrylique. Même base aqueuse mais liant acrylique, nettement plus résistant. Elle se lessive, elle résiste au frottement, elle tient bien la couleur. C'est le standard pour un logement dans lequel on vit. Comptez sept à dix ans en pièce sèche. La déclinaison mate absorbe la lumière et pardonne les défauts du mur, la satinée se nettoie mieux mais souligne le moindre creux.
La glycéro. Base solvant, très dure, très lavable, brillante. Elle sèche lentement, elle sent fort pendant quarante-huit heures et il faut ventiler sérieusement. Son terrain, c'est le bois et le métal : portes, huisseries, volets, grilles, ferronneries de patio. Elle jaunit un peu dans le temps sur le blanc, ce qui est le seul reproche sérieux qu'on puisse lui faire.
La laque. C'est une finition, pas une catégorie à part. Laque glycéro pour la dureté maximale sur une porte très sollicitée, laque acrylique en phase aqueuse pour éviter l'odeur, avec une dureté un cran en dessous. Sur les volets et persiennes exposés au sud à Marrakech, la laque glycéro reste plus endurante.
La peinture façade. C'est un produit totalement différent, formulé pour l'UV, les écarts thermiques et la pluie. Ne jamais, sous aucun prétexte, utiliser une acrylique d'intérieur sur une façade à Marrakech. Elle ne tiendra pas un été.
La peinture anti-humidité. Elle contient des fongicides et un liant qui tolère un support légèrement humide. C'est un traitement de confort, pas une étanchéité. Elle a du sens sur un mur nord d'une salle de bain mal ventilée. Elle n'a aucun sens sur un mur qui reçoit une infiltration, et un peintre qui vous la vend dans ce cas vous vend du temps, pas une solution.
07 — Ocre, terracotta et pigments : la palette qui tient vraiment ici
Marrakech a une couleur, et ce n'est pas un cliché touristique, c'est une donnée technique. Les enduits traditionnels de la ville sont teintés dans la masse avec des pigments de terre, ocres jaunes, ocres rouges, terres de Sienne. Ces pigments sont minéraux, ils sont stables aux UV et ils ne passent pas.
Pourquoi ces teintes fonctionnent ici et pas ailleurs. La lumière de Marrakech est dure, très blanche, très directe une grande partie de l'année. Un blanc pur renvoie cette lumière brutalement et fatigue l'œil. Un ocre ou un terracotta l'absorbe partiellement et la restitue en chaleur. La même couleur sous la lumière atlantique de Casablanca paraîtrait terne, ici elle est juste.
Le problème très concret du blanc minimaliste importé. Depuis quelques années, beaucoup de rénovations de villas et d'appartements adoptent un blanc froid sur tous les murs. C'est élégant sur les photos du premier mois. Ensuite arrive la poussière ocre du Haouz, très fine, qui se dépose partout et qui est, par définition, orangée. Sur un mur blanc froid, chaque dépôt se voit. Sur un mur ocre ou terre, il disparaît. Les propriétaires qui choisissent le blanc absolu à Marrakech découvrent qu'ils doivent lessiver leurs murs trois fois plus souvent, et qu'un mur lessivé au mauvais produit se dégrade vite.
Le compromis qui marche et que proposent les bons peintres de la ville : un blanc cassé chaud, légèrement rompu d'ocre, sur les grandes surfaces, et une vraie couleur pleine sur un ou deux murs porteurs d'ambiance, entrée, couloir, mur du fond du salon. Vous gardez la clarté et vous ne voyez plus la poussière.
Un conseil de mise en œuvre. Testez toujours la teinte sur place, sur au moins 60 par 60 cm, et regardez-la à trois moments : le matin, en plein midi et à la lumière artificielle du soir. À Marrakech, l'écart entre ces trois lectures est plus fort que dans n'importe quelle autre ville marocaine. Une teinte choisie sur un nuancier au néon d'un magasin est un pari.
Enfin, notez la référence exacte. Marque, gamme, code de teinte, taux de brillance. Un an plus tard, pour une retouche après un déménagement ou une reprise d'électricité, cette ligne écrite vaut de l'or. Sans elle, on ne retrouve jamais exactement la même teinte, et une retouche approximative se voit toujours plus qu'un défaut.
08 — Riads et dars de la Médina : la chaux, et rien d'autre sur les vieux murs
Un riad de la Médina n'est pas un appartement avec un patio. C'est une construction en terre, en brique pleine et en chaux, souvent centenaire, dont l'équilibre repose entièrement sur la capacité des parois à évacuer l'humidité vers l'extérieur.
Ce qui se passe quand on plastifie un mur ancien. L'humidité du sol remonte par capillarité dans la maçonnerie, comme elle l'a toujours fait. Tant que le mur respire, elle s'évapore en surface et rien ne se voit. Posez une acrylique et vous fermez cette sortie. L'eau monte alors plus haut, se concentre, cristallise les sels du mur, et vous obtenez en un ou deux hivers un bandeau de cloques et de salpêtre sur le premier mètre, plus un enduit qui se décolle en plaques. Le mur était sain, votre peinture l'a rendu malade.
Ce qu'il faut faire à la place. Badigeon de chaux aérienne teinté aux pigments, appliqué à la brosse en deux ou trois passes croisées très diluées. Le rendu est vivant, légèrement nuagé, et il vieillit en se patinant au lieu de s'écailler. Pour une pièce humide, une chaux ferrée ou un tadelakt, selon le budget. Pour un plafond en bois de cèdre ou en roseaux, on ne peint pas non plus : on nettoie, on traite et on huile.
Le sujet dont personne ne parle dans un devis de Médina : l'accès. Un riad du côté de Riad Laarous, de Kennaria, de Bab Doukkala ou de Sidi Mimoun ne se livre pas en camion. Le matériel s'arrête au parking le plus proche ou à la porte de la Médina, et tout finit à la charrette puis à dos d'homme, parfois sur dix à quinze minutes de derb, avec des passages à moins d'un mètre de large. Des sacs de chaux, des seaux, un échafaudage, des bâches, c'est du temps réel et c'est un coût réel.
Un peintre honnête chiffre ce portage à part et vous le dit. Un peintre qui ne l'a pas prévu le découvre le premier matin, et c'est là que naissent les suppléments en cours de chantier et les disputes. Quand vous demandez un devis pour un riad, précisez dès le premier message l'adresse exacte du derb et la distance depuis le point de dépose le plus proche.
Un mot sur les autorisations. La Médina de Marrakech est un secteur protégé. Un badigeon intérieur ne pose aucun problème, mais toute intervention qui modifie l'aspect d'une façade sur rue ou d'un élément patrimonial relève de l'arrondissement. Renseignez-vous avant, pas après.
09 — Villas de la Palmeraie, Targa, Amelkis : ce que 45 degrés font à une façade
C'est le poste où les erreurs coûtent le plus cher à Marrakech, et c'est aussi celui où les devis varient le plus. Une façade de villa dans la Palmeraie, à Targa, à Amelkis ou le long de la route de l'Ourika encaisse un été à plus de 40 degrés pendant trois mois, avec un rayonnement UV très fort, des écarts jour-nuit de vingt degrés, du sable en suspension, et deux ou trois épisodes de pluie violente en hiver.
Ce que devient une peinture façade bon marché dans ces conditions. Le liant, insuffisamment chargé en résine et mal protégé contre les UV, se dégrade en surface. La première saison, la teinte pâlit et le mur commence à farine : passez la main, vous ramenez de la poudre. La deuxième saison, les micro-fissures apparaissent aux angles et sous les appuis de fenêtre. La troisième, l'eau entre par ces fissures, gèle rarement mais dilate, et vous décollez par plaques. Deux étés, pas plus, et le pool house est à refaire.
Ce qu'est un vrai système de façade, et le mot système est important, car il ne s'agit pas d'un pot mais d'un enchaînement :
Comptez 90 à 190 DH le m² pour cet ensemble, fourniture comprise. Un devis à 40 DH le m² pour une façade de villa saute deux de ces quatre étapes, généralement le fixateur et la deuxième couche, et vous le paierez au double dans trois ans.
La question de la teinte en extérieur. Les couleurs sombres et saturées chauffent énormément en plein soleil marrakchi, la surface peut dépasser 70 degrés. Cette dilatation permanente fatigue le film et fait passer la teinte plus vite. Les ocres clairs et les terres rosées de la région ne sont pas seulement une tradition esthétique, ce sont aussi les teintes qui tiennent le mieux ici.
Les abords de piscine et les pool houses ajoutent une contrainte : projections d'eau chlorée et remontées d'humidité au pied des murs. Sur les 50 premiers centimètres, un peintre expérimenté applique une résine ou un enduit hydrofuge avant la finition, sinon la bande basse se dégrade toujours en premier.
10 — Le chergui : pourquoi un bon peintre refuse de travailler certains jours
Voici une phrase que vous devriez espérer entendre de la bouche de votre peintre à Marrakech : « aujourd'hui, on ne fait pas l'extérieur ». Si vous ne l'entendez jamais, méfiez-vous.
Le chergui est le vent chaud et sec venu de l'est. Il souffle surtout entre mai et septembre, il fait grimper la température de plusieurs degrés en quelques heures et il transporte une poussière ocre extrêmement fine issue de la plaine du Haouz.
Ce qu'il fait concrètement à une peinture fraîche. D'abord il accélère brutalement l'évaporation de l'eau ou du solvant : le film se ferme en surface avant que le liant n'ait fini de se structurer. Le résultat est une peinture qui paraît sèche en vingt minutes et qui, en réalité, n'a jamais correctement pris. Elle est fragile, elle craquelle et elle adhère mal. Ensuite, il dépose de la poussière sur le film encore ouvert, et cette poussière ne se pose pas dessus, elle s'incorpore. Vous obtenez une façade au toucher granuleux qui restera ainsi jusqu'à la prochaine réfection.
Les mêmes causes en plein été sans vent. Peindre une façade orientée sud à 14h en juillet est une erreur du même ordre : le support est à plus de 50 degrés, la peinture bout littéralement au contact et forme des microbulles. La règle des bons chantiers marrakchis en été, c'est extérieur avant 11h et après 17h, et on suit l'ombre autour du bâtiment.
Ce que cela implique pour votre planning. Un chantier de façade à Marrakech entre juin et septembre avance moins vite qu'ailleurs, et c'est normal. Un artisan qui vous promet une façade de villa peinte en deux jours en plein août vous promet un travail qu'il ne pourra pas tenir correctement. Un peintre qui vous appelle le matin pour décaler d'une journée à cause du vent n'est pas en train de vous faire perdre du temps, il est en train de protéger votre chantier. Et après un épisode de chergui, un support extérieur doit être redépoussiéré avant la couche suivante : cette demi-journée en plus est légitime.
11 — Combien de couches, comment le vérifier, et ce qu'un devis sérieux écrit noir sur blanc
Le nombre de couches est l'endroit exact où l'on vous prend de l'argent sans que vous puissiez le prouver, parce qu'une couche unique bien appliquée ressemble beaucoup, au premier regard, à deux couches.
Le standard honnête sur un mur intérieur : une sous-couche plus deux couches de finition. Sur un changement de teinte radical, du bordeaux vers le blanc par exemple, il faut souvent trois couches de finition, et un artisan sérieux le dit avant, pas après.
Comment savoir qu'on ne vous en a donné qu'une. Trois vérifications simples, à faire vous-même :
La protection, qui est un indicateur de sérieux à elle seule. Un peintre professionnel arrive avec des bâches, du carton pour les sols fragiles, du ruban de masquage de qualité pour les plinthes et les huisseries, et il déplace ou emballe les meubles avant de commencer. Sur un bejmat ancien, un zellige ou un marbre, on protège avec un film respirant et non avec un plastique collé plusieurs jours, qui peut marquer la pierre. Un artisan qui commence à peindre avec deux vieux journaux au sol vous annonce le niveau de finition qu'il va livrer.
Ce qu'un devis correct mentionne, ligne par ligne :
Un devis qui tient en une ligne et un prix n'est pas un devis, c'est une intention. Exigez le détail avant tout acompte et conservez-le.
12 — Tarifs 2026
Tarifs moyens constatés à Marrakech. Main d'œuvre + matériel standard inclus.
* Prix indicatifs · varient selon complexité. Mise à jour : Juillet 2026.
Conseils d'expert
01
Faites le test de la goutte d'eau avant tout devis : si le mur boit, c'est un support minéral qui doit être traité à la chaux, pas peint à l'acrylique.
02
Exigez la surface développée en m², murs et plafonds séparés. Un artisan qui a mesuré vous la donne en dix secondes, un artisan qui a improvisé parle de forfait.
03
Notez et conservez la référence complète de la teinte, marque, gamme, code et brillance. Sans elle, aucune retouche ne sera invisible un an plus tard.
04
Sur une façade de villa, refusez tout devis qui ne mentionne pas explicitement le fixateur de fond et les deux couches de finition, c'est là que les économies se font.
05
En été, imposez les travaux extérieurs avant 11h et après 17h, et acceptez qu'un jour de chergui soit un jour sans peinture extérieure.
06
Comptez les pots vides en fin de chantier : environ 45 à 55 litres pour 200 m² développés en deux couches. En dessous, vous n'avez pas eu deux couches.
Connaissance locale
La peinture à Marrakech se joue quartier par quartier, et le support compte autant que la couleur. Dans la Médina, autour de Riad Laarous, Bab Doukkala, Kennaria, Dar el Bacha ou Sidi Mimoun, les murs sont en terre, en brique pleine et en chaux : on y travaille au badigeon de chaux teinté et jamais à l'acrylique, et le portage dans les derbs se chiffre au devis. Guéliz, Semlalia et l'Hivernage concentrent les appartements en béton et en plâtre, chantiers standards où la vraie variable est la qualité de la préparation avant le rouleau. La Palmeraie, Targa, Amelkis et la route de l'Ourika sont le domaine des villas et des pool houses, où une façade mal traitée ne tient pas deux étés à plus de 40 degrés et où seul un système complet avec fixateur et deux couches est rentable. Sidi Ghanem, zone d'ateliers et de showrooms, demande des finitions industrielles et des grandes surfaces peintes vite entre deux expositions. Enfin, M'Hamid, Al Massira et Sidi Youssef Ben Ali forment le marché des remises en peinture courantes à budget serré, celui où l'on voit le plus de chantiers à une seule couche vendus comme des rénovations complètes. Partout, deux constantes marrakchies : la poussière ocre du Haouz, qui condamne les blancs froids, et le chergui, qui interdit certains jours de peindre en extérieur.
Quartiers couverts
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Questions fréquentes
Comptez 45 à 90 DH le m² pour des murs intérieurs avec sous-couche et deux couches, préparation incluse, et 50 à 100 DH le m² pour un plafond. Une façade de villa avec un vrai système, lavage, reprise des fissures, fixateur et deux couches, se situe entre 90 et 190 DH le m². Attention aux prix autour de 25 DH le m² : ils correspondent à une seule couche sur un mur non préparé. Le prix se calcule toujours sur la surface développée à peindre, pas sur la surface au sol.
Techniquement oui, et c'est presque toujours une erreur. Le tadelakt est un enduit à la chaux qui régule l'humidité en laissant passer la vapeur d'eau. Une peinture acrylique pose un film étanche par-dessus, l'humidité reste piégée, et vous obtenez des cloques et un décollement par plaques en douze à vingt-quatre mois, avec la chaux abîmée en dessous. Pour changer de couleur, il faut rester dans la même famille : badigeon de chaux teinté, chaux ferrée, ou reprise complète du tadelakt.
Faites le test de la goutte d'eau. Si elle est absorbée en quelques secondes et laisse une auréole sombre qui s'estompe, vous êtes sur un support minéral poreux, chaux ou plâtre ancien, qui a besoin de respirer : il faut un badigeon de chaux. Si la goutte reste en perle à la surface, un film plastique est déjà en place et une peinture classique est possible. Dans un riad ou une maison ancienne de la Médina de Marrakech, la réponse est presque toujours la chaux.
Parce qu'elle a été faite avec une peinture insuffisamment résistante aux UV, ou sans les étapes qui précèdent la peinture. À plus de 40 degrés pendant trois mois, avec un rayonnement très fort et des écarts jour-nuit importants, un produit bas de gamme farine dès la première saison, micro-fissure la deuxième et se décolle la troisième. Un système correct comprend un lavage, la reprise des fissures, un fixateur de fond et deux couches de finition façade, jamais une seule.
Le standard honnête est une sous-couche plus deux couches de finition, et trois couches de finition en cas de changement de teinte radical. Pour vérifier, éclairez le mur en lumière rasante avec une lampe torche presque parallèle à la surface : une couche unique laisse des zones mates irrégulières. Inspectez aussi les angles rentrants et les contours de prises, c'est là que la deuxième couche est sautée en premier. Enfin, comptez les pots : environ 45 à 55 litres pour 200 m² développés en deux couches.
Oui, et c'est la ligne qu'il ne faut jamais supprimer. Un plâtre neuf ou un enduit ciment frais est très absorbant et fortement alcalin. Sans sous-couche, la finition est bue de façon irrégulière, ce qui donne des zones mates et satinées visibles en lumière rasante, et l'alcalinité du support attaque le liant. Deux ans plus tard, vous avez des farinages, des auréoles et des décollements aux angles, et vous repeignez tout. La sous-couche coûte 20 à 40 DH le m². Repeindre trop tôt coûte des milliers de dirhams.
Si le mur est en tadelakt, ne peignez rien : entretenez-le au savon noir et cirez-le une à deux fois par an. Sur un mur classique, prenez une acrylique satinée avec traitement fongicide, jamais une vinylique. La peinture dite anti-humidité est un produit de confort pour un mur mal ventilé, pas une étanchéité : si vous avez une infiltration active ou du salpêtre, traitez la cause avant, sinon la tache réapparaît plus large en quatre à six mois.
Oui, pour l'extérieur. Ne peignez jamais une façade un jour de chergui : ce vent chaud accélère brutalement le séchage, le film se ferme avant d'avoir pris, et la poussière ocre s'incorpore à la peinture fraîche. En été, on travaille l'extérieur avant 11h et après 17h en suivant l'ombre, car un support à plus de 50 degrés fait bouillonner la peinture. Un peintre qui décale une journée à cause du vent protège votre chantier, il ne vous fait pas perdre du temps.
À cause de l'accès et du support. Les matériaux s'arrêtent au parking ou à la porte de la Médina et finissent à la charrette puis à dos d'homme, souvent sur dix à quinze minutes de derb étroit. Ce portage est du temps réel et doit figurer au devis. S'y ajoute le fait qu'un vieux mur se traite à la chaux et non à la peinture, avec deux à trois passes à la brosse, ce qui coûte 120 à 280 DH le m². Donnez toujours l'adresse exacte du derb dès la demande de devis.
Le blanc pur pose un problème très concret ici : la poussière ocre du Haouz est orangée et très fine, et chaque dépôt se voit sur un blanc froid, ce qui triple la fréquence de lessivage. Le compromis retenu par la plupart des bons peintres de la ville est un blanc cassé chaud légèrement rompu d'ocre sur les grandes surfaces, avec une teinte pleine, terracotta ou terre, sur un ou deux murs d'ambiance. Testez toujours sur 60 par 60 cm et regardez le rendu le matin, à midi et le soir.