01
Avant de signer, demandez au peintre d’où vient l’eau. Si la réponse est que c’est l’humidité de Tanger et qu’une peinture spéciale suffit, changez d’artisan.
Tanger est la grande ville la plus arrosée du Maroc, et ici la peinture n’est pas le début du chantier, c’est la dernière étape d’un traitement d’humidité. Un peintre qui vous annonce un prix au m² sans avoir cherché d’où vient l’eau vous vend douze mois de tranquillité, pas un mur. Nos peintres vérifiés diagnostiquent d’abord, annoncent la surface mesurée, la marque, le nombre de couches et la préparation, et vous disent quand il vaut mieux attendre.
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Mis à jour Juillet 2026
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Peintre · Tanger
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02 — Les pros
Peintre professionnel
Peintre pour maisons
Peintre et teinturier
Aziz S.
Mohamed G.
Bachazaoui M.
Peintre décorateur
Driss E.
« Driss el moustarhfir 27 ans, J'habite à Tanger maintenant licencié en microbiol… »
Dessinateur J.
Youssef K.
Ahmed A.
Hamza N.
03 — À Tanger, la peinture est la dernière étape, pas la première
Tanger reçoit nettement plus de pluie que Casablanca, Rabat ou Marrakech, et l’air du détroit reste chargé d’eau et de sel une bonne partie de l’année. Cela ne change pas seulement le confort, cela change le métier.
Ailleurs, un mur est un support à recouvrir. Ici, un mur est d’abord un régulateur d’humidité, et le film que vous posez dessus décide si l’eau qu’il contient peut ressortir ou si elle reste enfermée. C’est toute la différence entre un chantier qui tient dix ans et un chantier qui se refait au premier hiver.
La conséquence est brutale. Un peintre qui entre chez vous, regarde le mur trois secondes et annonce un prix au m² sans avoir posé une seule question sur l’humidité ne vous fait pas un devis. Il vous vend douze mois de tranquillité. En mai, tout est net. En février suivant, la cloque revient exactement au même endroit, en plus large, et vous repayez tout.
L’ordre qui fonctionne à Tanger n’est pas négociable : identifier la source de l’eau, la traiter, laisser le mur sécher réellement, tuer la moisissure s’il y en a, préparer le support, et seulement ensuite peindre. Chaque étape sautée revient vous chercher, et elle revient toujours en décembre, jamais en juillet.
Ce que cela veut dire en argent. Sur un mur sain d’un appartement de Malabata, la peinture représente 100 pour cent du budget. Sur un mur taché d’un rez-de-chaussée d’Iberia ou d’une maison de la Médina, le traitement peut représenter 50 à 70 pour cent de la facture, et la peinture devient une simple finition. Un devis tangérois sans ligne de diagnostic, sans traitement et sans délai de séchage sur un mur abîmé n’est pas moins cher que les autres, il est incomplet.
La question qui trie les artisans en une phrase : demandez au peintre d’où vient l’eau. S’il répond que c’est l’humidité de Tanger et qu’une peinture spéciale suffit, remerciez-le. Ce n’est pas une réponse technique, c’est un argument de vente.
04 — Remontée, infiltration ou condensation : trois eaux, trois chantiers différents
Trois problèmes distincts abîment une peinture à Tanger. Ils se ressemblent sur une photo et ne se traitent pas du tout de la même façon. Payer le mauvais traitement, c’est perdre l’intégralité de la somme.
La remontée capillaire vient du sol. Elle forme une bande basse qui part du plancher et s’arrête entre 40 centimètres et 1,20 mètre, avec une limite haute presque horizontale. Elle laisse un dépôt blanc et poudreux, le salpêtre, qui pousse la peinture par en dessous et la fait cloquer par plaques. Elle est présente en été comme en hiver. C’est le mal des rez-de-chaussée et du bâti ancien de la Médina, de Marchan, du Centre et de Dradeb, construits sans coupure d’humidité en pied de mur.
L’infiltration vient de l’extérieur. La tache apparaît ou grossit après une pluie et se calme au sec, avec un contour irrégulier et une auréole brune. Ses deux sources habituelles ici sont la terrasse mal étanchée, qui marque le plafond du dernier étage, et le pignon exposé au Levante, où la pluie arrive à l’horizontale.
La condensation vient de l’air intérieur. Elle se place en haut : angles de plafond, encadrements, ponts thermiques, et surtout derrière un meuble collé contre un mur nord. Elle donne des taches noires veloutées, jamais du salpêtre blanc, et elle est saisonnière. Un logement ancien mal ventilé cumule souvent les deux, ce qui impose deux traitements distincts et non un compromis.
Le contrôle gratuit avant tout devis. Collez hermétiquement un carré de film plastique transparent d’environ 40 centimètres sur la zone humide et attendez deux jours. Des gouttes côté mur, sous le film : c’est une remontée. Des gouttes côté pièce : c’est de la condensation.
Et voici pourquoi une peinture anti-humidité posée sur une remontée est un mensonge cosmétique. Ce produit est une peinture chargée en fongicides qui tolère un support légèrement humide. Elle ne bloque rien. L’eau continue de monter, les sels cristallisent désormais derrière un film, la pression le décolle, et la tache réapparaît plus haut et plus large. Vous devez ensuite décaper avant de faire le vrai travail : 1 500 à 3 000 DH dépensés pour gagner un hiver et rendre la réparation plus chère.
05 — Traiter la source, puis attendre : le calendrier honnête d’un mur tangérois
Une fois la cause identifiée, il existe un délai que personne n’aime annoncer et que tout le monde raccourcit. C’est pourtant lui qui décide de la durée de vie de votre peinture.
Étape un, ouvrir. On pioche l’enduit dégradé jusqu’au support sain, en débordant de 30 à 50 centimètres au-delà de la zone visible, parce que les sels ont migré plus loin que la tache. Un peintre qui s’arrête au contour vous prépare une reprise en périphérie.
Étape deux, brosser à sec. Les cristaux de salpêtre se retirent à la brosse métallique, jamais à l’eau, qui les redissout et les fait repartir dans la maçonnerie.
Étape trois, traiter la cause. Une remontée capillaire se coupe par injection de résine hydrofuge en pied de mur, 400 à 1 100 DH le mètre linéaire. Une infiltration se règle sur la terrasse ou la façade, pas sur le plafond. Une condensation se règle par la ventilation : entrées d’air, portes détalonnées d’un à deux centimètres, extracteur temporisé sorti en façade, 800 à 2 500 DH le point. Aucun pot de peinture ne remplace ces trois interventions.
Étape quatre, le séchage, et c’est ici que tout se joue. Une maçonnerie piochée sèche environ un centimètre d’épaisseur par mois. Les délais réels à Tanger :
Étape cinq, mesurer au lieu de deviner. Un peintre sérieux revient avec un humidimètre et ne commence qu’en dessous de 5 pour cent d’humidité massique. Faites écrire au devis la mention reprise après séchage, date confirmée sur mesure d’humidité, et refusez toute date ferme donnée le premier jour.
Étape six, réenduire correctement. Sur un mur qui a connu des sels, on applique un enduit d’assainissement macroporeux, 180 à 450 DH le m². Un enduit ciment classique remis là se dégradera comme le précédent.
06 — Moisissure : laver la tache ne tue rien, il faut traiter les spores
C’est l’erreur la plus répandue de la ville, et elle se commet chaque printemps dans des milliers d’appartements tangérois. On déplace une armoire du mur nord, on découvre un voile noir, on frotte à l’eau de Javel, la tache disparaît, on repeint, et le noir revient avant l’hiver suivant.
Voici pourquoi. Une moisissure n’est pas une salissure posée sur le mur, c’est un organisme dont le mycélium est ancré dans la porosité du support. La Javel décolore le pigment en surface : la tache s’efface visuellement alors que la colonie est intacte. En prime, la Javel pénètre mal un support poreux, s’évapore vite et laisse derrière elle de l’eau, c’est-à-dire exactement ce dont le champignon a besoin. Vous avez blanchi un problème vivant.
Le traitement qui fonctionne, dans l’ordre :
Comptez 25 à 60 DH le m² traité pour cette étape, produit compris. C’est la ligne la plus souvent absente des devis tangérois, parce qu’elle ne se voit pas et qu’elle allonge le chantier de deux jours.
Ne confondez pas fongicide de traitement et peinture anti-moisissure. La peinture dite anti-moisissure contient un biocide qui retarde l’installation d’une colonie sur un support propre. Elle ne tue pas une colonie existante, elle l’enferme. Appliquée sans traitement préalable, elle est décollée par le développement du champignon en quelques mois, et vous avez perdu le produit et deux journées de travail.
07 — Chaux, silicate, siloxane ou acrylique : quel produit sur quel mur tangérois
Le vrai critère de choix à Tanger n’est ni le prix ni la teinte, c’est la perméabilité à la vapeur d’eau, que les fabricants mesurent par la valeur Sd, l’épaisseur de couche d’air équivalente. Plus le Sd est bas, plus le mur respire à travers la peinture.
Les ordres de grandeur : badigeon de chaux et peinture minérale au silicate en dessous de 0,1 mètre, acrylique mate autour de 0,3 à 0,5, acrylique satinée entre 0,5 et 1, glycéro au-delà de 1. Sur un mur ancien qui contient de l’eau, restez sous 0,5 mètre, idéalement sous 0,1.
La peinture minérale au silicate est le produit le plus sous-utilisé de la ville. Le silicate de potassium ne pose pas un film, il réagit chimiquement avec le support minéral et s’y lie. Rien à décoller, perméabilité maximale, forte résistance aux moisissures grâce à son alcalinité, et pas de farinage. Elle exige un support minéral, béton, enduit ciment ou chaux, jamais du plâtre nu ni une ancienne acrylique. Comptez 30 à 40 pour cent plus cher au litre, pour une durée de vie très supérieure sur un mur humide.
Le badigeon de chaux reste la solution la plus juste sur les vieux enduits de la Médina, de Marchan et du Centre : deux ou trois passes diluées à la brosse, et une reprise possible dans dix ans sans décapage.
L’acrylique classique n’est pas mauvaise, elle est mal placée. Sur un plâtre neuf de Gzenaya, dans une pièce ventilée, elle est parfaite, lessivable et bonne pour sept à dix ans. Sur un mur ancien qui remonte l’eau, c’est un couvercle : le film emprisonne la vapeur, la pression le décolle, et vous accusez la peinture alors que le problème est le choix du produit.
La finition siloxane est la réponse extérieure de Tanger : hydrofuge à l’eau liquide, donc la pluie battante ruisselle, et ouverte à la vapeur, donc le mur continue de sécher vers l’extérieur.
La glycéro garde un seul domaine, essentiel dans une ville salée : le bois et le métal. Portes, huisseries, volets, persiennes, grilles et garde-corps. Sur une ferronnerie marine, après brossage jusqu’au métal nu et primaire antirouille, elle reste supérieure à tout le reste.
08 — De novembre à mars, un bon peintre vous dit d’attendre
Voici la phrase que vous devriez espérer entendre à Tanger en janvier : on ne peint pas maintenant, on prépare et on revient en avril. Si personne ne vous la dit jamais, vous n’avez pas encore trouvé le bon artisan.
Une peinture en phase aqueuse sèche en deux temps. L’eau s’évapore, puis les particules de résine fusionnent entre elles pour former un film continu. C’est cette seconde phase, la coalescence, qui donne au film sa dureté, sa tenue au lavage et son adhérence. Elle a deux conditions : une température de support supérieure à 5 degrés, idéalement au-dessus de 10, et une humidité relative de l’air inférieure à 80 pour cent.
Ce que sont réellement les hivers tangérois. De décembre à février, les nuits descendent souvent à 8 ou 10 degrés dans un logement non chauffé, et l’humidité relative dépasse fréquemment 85 pour cent plusieurs jours d’affilée. L’eau de la peinture ne part pas, le film reste ouvert 48 heures ou plus, il capte la poussière et la coalescence se fait mal. Vous obtenez un film mou qui farine au chiffon et se marque au premier meuble. Il paraît impeccable pendant six mois.
En extérieur, c’est pire. Une pluie dans les 24 heures qui suivent l’application lessive une finition non réticulée et laisse des coulures définitives. Entre novembre et mars, prévoir 24 heures sans pluie à Tanger relève du pari. Une façade peinte en janvier est une façade à refaire.
Le calendrier honnête de la ville :
Ce que cela implique pour votre planning. Les bonnes équipes de Tanger sont pleines d’avril à septembre. Si vous voulez une façade en mai, appelez en février. Et si un artisan vous propose de peindre votre extérieur en décembre à un prix intéressant, vous savez maintenant ce que vous achetez.
09 — Façades face au Levante : le cycle d’entretien réel et le vrai prix d’un système
Le Levante est le vent d’est du détroit. Il souffle fort plusieurs jours de suite, il plaque la pluie à l’horizontale contre les façades exposées, et il transporte du sel. Une façade orientée est ou nord-est à Tanger ne vieillit pas comme une façade de Fès ou de Meknès, et le prétendre revient à vous vendre le mauvais produit.
Le cycle réel, sans marketing :
Ce qu’est un vrai système de façade, et le mot système compte, parce qu’il ne s’agit jamais d’un pot :
Comptez 110 à 240 DH le m² pour cet ensemble, fourniture comprise, selon l’exposition, la hauteur et l’état du support. Un devis de façade à 45 DH le m² a supprimé le lavage, le fixateur ou la deuxième couche, souvent les trois, et vous le repayerez dans trois ans.
Le poste que tout le monde oublie et qui lâche en premier : le métal. Garde-corps, grilles, pattes de scellement, appuis. Le sel corrode l’acier sous le film de peinture, et la rouille ressort en coulures brunes sur la façade neuve en un seul hiver. Il faut brosser jusqu’au métal nu, appliquer un primaire antirouille, puis laquer. Un peintre qui passe le rouleau sur une grille rouillée vous garantit une reprise complète l’année suivante.
Les points singuliers ensuite : appuis de fenêtre sans pente ni goutte d’eau, sous-faces de balcon, jonctions de menuiserie. Avec une pluie horizontale, ces détails prennent l’eau et la conduisent dans le mur. Les traiter au mastic adapté ajoute peu au devis et vous fait gagner plusieurs années.
Et un geste qui coûte presque rien : un lavage doux tous les deux ans pour retirer le dépôt salin. Il prolonge nettement la durée de vie du film pour une fraction du prix d’une réfection.
10 — Marchan, Iberia et le vieux centre : la zone internationale ne se plastifie pas
Marchan, Iberia, le Centre autour du boulevard Pasteur et une partie de Val Fleuri forment un ensemble bâti entre les années 1920 et 1960, à l’époque du statut international. Immeubles art déco, villas espagnoles et italiennes, moulures, corniches, ferronneries, et surtout des enduits à la chaux qui ont bien traversé le siècle parce qu’ils respirent.
La faute que l’on commet chaque année dans ces immeubles est de passer une acrylique satinée sur un enduit ancien. Le mur régulait l’humidité en l’évacuant par sa surface. Vous fermez cette sortie, l’eau se concentre en pied de mur, les sels cristallisent, et vous obtenez en deux hivers un bandeau de cloques sur le premier mètre. Le mur était sain, la peinture l’a rendu malade, et l’enduit est maintenant à refaire.
Ce qui convient à ce bâti : une peinture minérale au silicate ou un badigeon de chaux teinté sur les surfaces anciennes, une glycéro sur les menuiseries et les ferronneries, une siloxane sur les façades. Tous ces produits ont une qualité commune que les acryliques n’ont pas ici : ils sont réversibles ou compatibles avec le support, donc la réfection suivante ne commence pas par un décapage.
Le décapage, justement. Beaucoup de ces appartements ont reçu huit à douze couches en soixante ans, d’époques et de natures différentes. Quand une peinture neuve tire au séchage, elle arrache l’empilement par plaques. Sur ces murs-là, il faut décaper avant, pas peindre par-dessus. Un artisan qui vous annonce ce décapage à la visite ne gonfle pas son devis, il vous évite un chantier raté. Comptez 40 à 80 DH le m² de décapage selon la méthode.
Les moulures et les corniches ne se traitent pas au rouleau. Elles se font au pinceau, lentement, et surtout on ne les noie pas : dix couches successives finissent par effacer le relief d’une corniche en staff. Une reprise soignée de moulures se compte en heures et se facture au mètre linéaire, 60 à 150 DH selon la complexité.
La question des teintes, enfin. Les façades de la zone internationale ont une palette cohérente, blancs cassés, ocres pâles, gris perle, verts et bleus assourdis sur les menuiseries. Une façade de 1935 repeinte dans un coloris saturé moderne casse la rue entière et se voit à cent mètres. Renseignez-vous auprès de votre arrondissement avant de toucher à une façade sur rue dans ce périmètre : une intervention qui modifie l’aspect extérieur relève de la commune, et il vaut mieux le savoir avant le chantier. Ajoutez enfin, dans la Médina et dans les rues étroites de Marchan, le portage du matériel, qui se chiffre à part sur un devis honnête.
11 — Gzenaya, Tanger Med et les logements fermés l’hiver : deux autres Tanger
La ville s’est dédoublée. À côté du Tanger ancien, la ceinture de Gzenaya, l’axe de l’aéroport Ibn Battouta, les résidences de la zone franche, Tanger Automotive City et la route de Tanger Med ont produit un parc très récent. Les problèmes y sont exactement inverses.
Ici, tout se joue sur la sous-couche. Un enduit plâtre ou un enduit ciment neuf est extrêmement absorbant et fortement alcalin, avec un pH proche de 12. Si vous appliquez la finition directement, deux choses se produisent. La peinture est bue de façon irrégulière, ce qui donne des zones mates et des zones satinées visibles en lumière rasante dès que le soleil arrive de côté. Et l’alcalinité du support attaque le liant, un phénomène qui se traduit deux ans plus tard par du farinage, des auréoles et des décollements dans les angles. Vous repeignez tout.
La sous-couche coûte 20 à 40 DH le m² posée. Repeindre un appartement deux ans trop tôt en coûte huit à quinze mille. C’est pourtant la première ligne supprimée quand un client demande un geste commercial, parce qu’elle est invisible le jour de la livraison.
Deuxième particularité du neuf tangérois : le bâtiment n’a pas fini de sécher. Un enduit ciment perd son eau de construction sur plusieurs mois. Un logement livré en octobre et entièrement repeint en janvier, dans un air à 85 pour cent d’humidité, est un cas d’école de farinage. Si vous pouvez attendre le printemps, attendez.
Troisième point, la peinture du promoteur. Elle est presque toujours une couche unique de vinylique très diluée, posée sans sous-couche pour livrer vite. Elle marque au doigt et ne se lessive pas. Ne la considérez pas comme une finition : budgétez la vraie peinture dès l’achat, ou négociez-la au moment de la livraison.
L’autre Tanger, ce sont les logements fermés une grande partie de l’année : appartements de Marocains résidant à l’étranger, résidences secondaires espagnoles, maisons de familles installées à Casablanca ou à Rabat. Ces biens se font peindre à distance, entre deux saisons, et c’est là que se perd le plus d’argent dans la ville.
Le scénario habituel. Le logement est resté fermé et non ventilé de novembre à avril, donc chargé d’humidité et souvent moisi derrière les meubles. L’équipe passe en avril, peint sur un support humide sans traitement, le propriétaire arrive en juillet et trouve tout parfait. Au printemps suivant, le noir est revenu et la peinture cloque.
Ce qui protège réellement un propriétaire absent : faire ouvrir et ventiler le logement deux semaines avant le chantier, exiger des photos datées de la phase de préparation et non du résultat fini, car la préparation est la seule étape invisible et irréversible, désigner un tiers qui passe sur place, payer sur jalons constatés avec 10 pour cent libérés après le premier hiver, et se faire remettre cinq litres de chaque teinte avec la référence exacte notée.
12 — Chiffrage, nombre de couches et ce que doit écrire un devis tangérois
Vous allez recevoir des devis allant de 25 à 95 DH le m². L’écart n’est pas de la marge, c’est une différence de contenu que personne ne vous explique spontanément.
D’abord, la surface. Un prix de peinture se calcule sur la surface développée, c’est-à-dire les murs et les plafonds réellement peints, jamais sur la surface au sol. Un appartement de 70 m² au sol représente 180 à 220 m² à peindre, un 110 m² entre 280 et 330 m². Le piège classique consiste à afficher un prix bas calculé sur la surface au sol, puis à ajouter une ligne de surfaces complémentaires en fin de chantier. Faites écrire que la surface annoncée est bien la surface développée, murs et plafonds séparés.
Sur cette page, toutes les lignes en m² s’entendent par mètre carré de surface à traiter, murs, plafonds, préparation ou façade selon la ligne. Les portes et les volets se comptent à l’unité, deux faces et chants compris. Les deux dernières lignes sont des forfaits pour un logement entier, fourniture et pose.
Ce que contient un prix à 25 ou 30 DH le m² : une couche, sur un mur non préparé, avec une peinture de premier prix diluée. Aucun rebouchage, aucune sous-couche, pas de protection sérieuse. C’est un rafraîchissement optique qui tient un trimestre, légitime pour un bien qu’on reloue dans la semaine, et de l’argent jeté pour votre propre logement.
Ce que contient un prix à 65 ou 70 DH le m² : la chaîne complète de préparation, une sous-couche adaptée, deux couches de finition de marque, la protection des sols et du mobilier, les découpes propres et le nettoyage. C’est le vrai prix du travail correct à Tanger en 2026.
La chaîne de préparation, qui décide du résultat : rebouchage à l’enduit des trous, impacts et saignées, séchage réel puis ponçage à plat, enduit de lissage total sur les supports irréguliers, dépoussiérage, et sous-couche. Un rebouchage peint le jour même ressort toujours en creux sous une lumière rasante.
Le nombre de couches honnête est une sous-couche plus deux couches de finition, et trois couches de finition sur un changement de teinte radical, annoncé avant et non au moment de la facture. Trois vérifications que vous pouvez faire seul : éclairez le mur avec une lampe torche tenue presque parallèlement à la surface, une couche unique laisse des taches mates irrégulières ; inspectez les angles rentrants, le tour des prises et le raccord au plafond, c’est là que la deuxième couche saute en premier ; comptez les pots vides, car un support réel consomme 7 à 8 m² par litre et par couche et non les 11 annoncés, soit 45 à 55 litres pour 200 m² développés en deux couches.
Ce qu’un devis sérieux écrit, ligne par ligne :
Un devis d’une ligne avec un prix global n’est pas un devis, c’est une intention. Exigez le détail avant tout acompte, et gardez cinq litres de chaque teinte.
13 — Tarifs 2026
Tarifs moyens constatés à Tanger. Main d'œuvre + matériel standard inclus.
* Prix indicatifs · varient selon complexité. Mise à jour : Juillet 2026.
Conseils d'expert
01
Avant de signer, demandez au peintre d’où vient l’eau. Si la réponse est que c’est l’humidité de Tanger et qu’une peinture spéciale suffit, changez d’artisan.
02
Faites le test du film plastique pendant 48 heures : gouttes côté mur, c’est une remontée capillaire, gouttes côté pièce, c’est de la condensation. Les deux traitements n’ont rien à voir.
03
Acceptez le délai de séchage : trois à cinq semaines en été, huit à douze de octobre à avril. Faites écrire au devis que la reprise sera confirmée sur mesure d’humidimètre.
04
Ne laissez personne traiter une moisissure à la Javel. Fongicide pulvérisé, 24 heures d’action, brossage à sec avec un masque, seconde pulvérisation sans rinçage, puis correction de la cause froide.
05
Sur un vieux mur de Marchan, d’Iberia ou de la Médina, exigez du silicate ou de la chaux. Une acrylique satinée y est un couvercle, pas une finition.
06
Réservez votre façade en février pour un chantier en mai : entre novembre et mars, ni la température ni l’humidité tangéroises ne permettent une prise correcte du film.
Connaissance locale
La peinture à Tanger se lit d’abord sur une carte de l’eau et du vent. Marchan, Iberia, le Centre autour du boulevard Pasteur et une partie de Val Fleuri alignent le bâti de la zone internationale, années 1920 à 1960, enduits à la chaux, moulures et ferronneries : ici on travaille au silicate ou au badigeon de chaux, on décape souvent huit à douze couches accumulées, et on reste dans la palette locale de blancs cassés, d’ocres pâles et de gris perle. La Médina ajoute ses murs anciens, ses derbs étroits et un portage qui se chiffre au devis. Malabata, la baie, California et Cap Spartel concentrent l’exposition maximale au Levante et au sel : façades orientées est qui tiennent quatre à six ans au lieu de huit à douze, ferronneries qui saignent la rouille à travers la peinture neuve, et lavage doux à prévoir tous les deux ans. Gzenaya, l’axe de l’aéroport Ibn Battouta, les résidences de la zone franche, Tanger Automotive City et la route de Tanger Med forment l’autre Tanger, celui du plâtre neuf encore chargé d’eau de construction, où la sous-couche décide de tout et où la peinture du promoteur, une vinylique unique très diluée, est à refaire dans les deux ans. Beni Makada, Branes et Mesnana sont les quartiers d’où vient la plupart de la main-d’œuvre de la ville et où circulent le plus de chantiers à une seule couche vendus comme des rénovations complètes. Enfin, une particularité pèse sur tout le marché : une part considérable du parc appartient à des propriétaires absents, Marocains résidant à l’étranger, familles de Casablanca et de Rabat, acheteurs espagnols de résidences secondaires, dont les logements restent fermés et non ventilés de novembre à avril et se font repeindre à distance, sur des murs que personne n’a séchés.
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Questions fréquentes
Comptez 45 à 95 DH le m² pour des murs intérieurs avec sous-couche et deux couches, préparation comprise, et 50 à 105 DH le m² pour un plafond. Une façade exposée au Levante avec un vrai système siloxane, lavage, fongicide, reprise des fissures, fixateur et deux couches, se situe entre 110 et 240 DH le m². Les prix autour de 25 DH le m² correspondent à une couche unique sur un mur non préparé. Tout se calcule sur la surface développée à peindre, jamais sur la surface au sol.
Non, et c’est l’erreur la plus chère de la ville. La peinture anti-humidité est une peinture chargée en fongicides qui tolère un support légèrement humide. Elle ne bloque pas la remontée capillaire : l’eau continue de monter, les sels cristallisent derrière le film, la pression le décolle, et la tache réapparaît plus haut et plus large en un hiver. Vous devez ensuite décaper ce film avant de faire le vrai travail. La solution est une coupure par injection de résine en pied de mur, 400 à 1 100 DH le mètre linéaire.
Regardez la hauteur et la couleur. Une remontée capillaire est basse, part du sol, s’arrête entre 40 cm et 1,20 m avec une limite presque horizontale, laisse un dépôt blanc poudreux et reste présente en été. La condensation est haute, se place dans les angles de plafond, aux encadrements et derrière les meubles collés aux murs nord, donne des taches noires et disparaît en été. Pour confirmer, collez un carré de film plastique de 40 cm sur la zone pendant 48 heures : gouttes côté mur, l’eau vient du mur ; gouttes côté pièce, l’eau vient de l’air.
Une maçonnerie piochée sèche environ un centimètre d’épaisseur par mois. De mai à septembre, comptez trois à cinq semaines avant de pouvoir enduire. D’octobre à avril, avec une humidité ambiante souvent supérieure à 80 pour cent, comptez huit à douze semaines : un mur ne sèche pas dans un air saturé. Un déshumidificateur et un chauffage d’appoint ramènent l’hiver à quatre ou six semaines. Un peintre sérieux revient avec un humidimètre et ne commence qu’en dessous de 5 pour cent d’humidité massique.
L’intérieur oui, sous conditions, l’extérieur non. Une peinture en phase aqueuse a besoin de plus de 5 degrés et de moins de 80 pour cent d’humidité relative pour que le film se forme correctement. En hiver tangérois, l’humidité dépasse fréquemment 85 pour cent et le film reste ouvert 48 heures, capte la poussière et durcit mal : il farine au chiffon six mois plus tard. En intérieur, chauffez, ventilez et doublez les temps entre couches, 24 à 36 heures. En façade, une pluie dans les 24 heures lessive la finition. Réservez votre extérieur entre fin avril et octobre.
Non. La Javel décolore le pigment en surface alors que le mycélium reste ancré dans la porosité du mur, et elle laisse de l’eau derrière elle. Le traitement correct consiste à pulvériser un fongicide sur la zone et 50 cm autour, laisser agir 24 heures, brosser à sec avec un masque FFP2, aspirer avec un filtre fin, repulvériser et laisser sécher sans rincer. Ensuite seulement on corrige la cause froide et la ventilation, puis on peint. Comptez 25 à 60 DH le m² traité pour cette étape.
Une peinture minérale au silicate ou un badigeon de chaux, jamais une acrylique satinée. Le critère est la perméabilité à la vapeur, mesurée par la valeur Sd : le silicate et la chaux se situent sous 0,1 mètre, une acrylique satinée entre 0,5 et 1 mètre. Sur un enduit ancien qui régulait l’humidité par sa surface, un film peu perméable enferme l’eau, qui se concentre en pied de mur et fait cloquer la peinture en deux hivers. Sur un mur ancien humide, restez sous 0,5 mètre de Sd, idéalement sous 0,1.
Quatre à six ans sur une façade exposée est ou nord-est, face au Levante, à Malabata, sur la baie, à California ou vers Cap Spartel. Six à huit ans sur une façade abritée orientée sud ou ouest. Le même système tiendrait huit à douze ans à l’intérieur du pays : l’écart vient de la pluie battante et du sel. Un lavage doux tous les deux ans pour retirer le dépôt salin prolonge nettement la durée de vie du film pour une fraction du prix d’une réfection.
Oui, et c’est tout le sujet dans le neuf. Un enduit plâtre ou ciment récent est très absorbant et fortement alcalin, avec un pH proche de 12. Sans sous-couche, la finition est bue de façon irrégulière, ce qui donne des zones mates et satinées visibles en lumière rasante, et l’alcalinité attaque le liant : deux ans plus tard vous avez du farinage, des auréoles et des décollements dans les angles. La sous-couche coûte 20 à 40 DH le m². Repeindre l’appartement deux ans trop tôt en coûte huit à quinze mille.
Faites ouvrir et ventiler le logement deux semaines avant le chantier, car un bien fermé tout l’hiver est chargé d’humidité et souvent moisi derrière les meubles. Exigez des photos datées de la phase de préparation, pas seulement du résultat fini : la préparation est la seule étape invisible et irréversible. Désignez un tiers qui passe sur place, payez sur jalons constatés avec 10 pour cent libérés après le premier hiver, et faites-vous remettre cinq litres de chaque teinte avec la référence exacte notée.